
La contribution telle que transmise au SGAR le 18 avril 2025 : 2025-04-18_CPER volet mobilités 2023-2027 - Contribution du groupe Ecologistes & Solidaires BFC
Préambule
Le secteur des transports a le plus grand défi à relever à l’aune du réchauffement climatique, puisqu’il représente 31 % des émissions françaises de GES en 2019. C’est le premier poste d’émissions et le seul secteur qui n’a pas réduit ses émissions depuis 1990. Les transports routiers contribuent à 94% de ces émissions (toujours en 2019). Ils pèsent également très lourdement, via les oxydes d’azote et les particules fines et très fines, sur la question de la qualité de de l’air, alors que, pour l’hexagone, selon les études et leurs critères, 48 000 à 97000 décès prématurés sont imputés à la seule combustion des fossiles.
Outre l’enjeu climatique et sanitaire se pose le défi énergétique. Sur ces trois enjeux, climatique, sanitaire et énergétique, le train est une solution particulièrement efficace à l’échelle du transport de personnes et de fret, en comparaison de l’automobile, des poids lourds et des avions.
La Bourgogne Franche-Comté, région rurale, subit les conséquences sociales et écologiques d’une politique de transports en commun à deux vitesses. D’ailleurs, c’est la Région la plus exposée à la précarité liée aux transports.
En effet, Il y a une disparité très importante entre la Région Ile-de-France et les autres régions sur l’usage du train pour les trajets du quotidien. D’un côté la France des métropoles, avec l’Ile-de France comme pôle central, de l’autre, la France rurale et péri-urbaine. Les grandes villes ont développé une offre de centre-ville en général satisfaisante. Elles bénéficient de liaisons par TGV avec Paris, mais rarement de liaisons efficaces entre elles, sur les transversales. La France rurale et périurbaine a peu d’autres choix que la voiture pour se déplacer. Les transports locaux (train régional et bus interurbain) sont parfois absents, souvent très insuffisants avec des dessertes faibles, des amplitudes horaires limitées, et peu ou pas de rabattement vers le ferroviaire. On parle non sans raison de territoires « abandonnés », « enclavés », « livrés à eux-mêmes ». Cette organisation inégalitaire de l’offre de transports ne permet pas de bénéficier d’un effet « réseau » : l’insuffisance du maillage du réseau entre villes hors Ile-de-France conduit à un renoncement de l’usage.
Démarche et objectifs du groupe Écologistes et Solidaires
L’objet de la contribution du groupe écologiste est d’évaluer si le CPER mobilités 2023-2027 est en mesure de rééquilibrer la fracture territoriale et de s’inscrire pleinement dans les priorités du rapport du Conseil d’Orientation des infrastructures. Celui-ci défend un scénario dit de « planification écologique » avec une priorité donnée à la régénération du réseau ferré et aux transports du quotidien.
Les CPER sont de formidables outils de planification. Dans la perspective de décarboner les mobilités, nous appelons à une démarche intégrée en cohérence avec la COP régionale et les orientations du COI.
Contenu et orientation du document
Infrastructures routières / ferroviaires
Nous saluons que quasiment la moitié de la maquette soit dédiée au ferroviaire, ce qui s’explique par la mise en accessibilité des gares pour rattraper le retard au vu de la loi. Toutefois, nous déplorons que, malgré leur caractère essentiel pour le mobilité quotidienne décarbonée autant que pour l’égalité des territoires et la cohésion sociale, les investissements fléchés sur les LDFT demeurent très insuffisants, confirmant un désengagement historique de l’État sur le financement du réseau secondaire au profit de sommes importantes dédiées au réseau routier. Ce constat est d’ailleurs souligné par l’Autorité Environnementale. Nous le partageons et le regrettons.
La Région finance plus largement les LDFT dans cette maquette que l’État. Nous souhaitons un rééquilibrage dans la clé de répartition des projets.
Les lignes « dites du Morvan » ne sont pas inscrites dans le CPER. Or, la section Corbigny/Clamecy est très dégradée entrainant des problèmes de sécurité et, par conséquent, une suspension de ligne. Pourtant, SNCF réseau a estimé à 1,6 millions les travaux de régénération d’ici 2028. Nous demandons qu’ils soient clairement inscrits mais surtout débloqués et exécutés d’ici 2027.
En face, les moyens alloués au routier et le choix de le faire au détriment du ferré sont injustifiables dans ces volumes
Politique cyclable
Cibler les financements CPER uniquement sur les véloroutes est une lacune dans une optique de décarbonation de la mobilité. Nous demandons, au même titre que l’Autorité environnementale, que le vélo du quotidien soit aussi financé, d’autant plus que la Région va voter un plan vélo 2025-2027. La réponse des services de la Région semble aller dans ce sens.
Aérodromes
Nous dénonçons enfin les prétextes – jamais objectivés ni argumentés – trouvés pour maintenir le financement public des aéroports et aérodromes.
« 2.4.4 Le réseau et trafic aéroportuaire :
La Région de Bourgogne-Franche-Comté présente deux aéroports de taille modeste (Dijon-Bourgogne et Dole-Jura). Les bourguignons se tournent très largement vers les aéroports parisiens, lyonnais et celui de Dôle. Le trafic aérien généré régresse fortement en particulier sur l’aéroport de Dijon. Ce dernier a désormais une activité orientée essentiellement vers l’aviation d’affaires, le transport sanitaire et les travaux aériens (lutte contre les incendies, épandage agricole, photographies aériennes et relevés topographiques) »
Gouvernance et suivi des investissements
Le suivi des financements publics et des travaux réalisés n’est pas lisible et accessible. Pour améliorer la transparence consacrée au suivi des dépenses sur chaque projet d’infrastructures, nous invitons et souhaitons la mise en œuvre un tableau de suivi d’exécution des travaux (suivi de l’exécution du CPER) et des sommes allouées par phase de projet. Ce tableau de suivi fera l’objet d’une présentation annuel lors des Assemblées plénières du Conseil régional et dans les rapports d’activités annuels des services de l’État.
Dans cette perspective, alors que nous sommes en 2025, nous souhaitons avoir un état des exécutions du CPER 2023-205 : quels projets ont déjà été financés et à quels montants ? Nous souhaitons également que les sommes affectées au LDFT soit honorées et exécutées (Étoile de Paray/Gilly, Lure/ Aillevillers-et-Lyaumont, Hirondelles).
Nous ajoutons enfin les interventions des élu·e·s écologistes consacrées au protocole CPER à cette contribution.
Claire MALLARD,conseillère régionale de Saône-et-Loire
Présidente de groupe Écologistes & Solidaires
Majorité régionale
28 avril 2025
The perfect way to get a head start in your upcoming political campaign.
2976 Washington St
San Francisco, CA 94115
Chip in now, every dollar helps in the crtical final moments of this campaign.