Cher Président, Cher·e·s collègues,
Le sursis des Hirondelles va bien au-delà de la sauvegarde d’un patrimoine architectural et historique remarquable qui fait la fierté de notre Région. Il est vrai, sa notoriété, en France et à l’étranger, n’est plus à démontrer. C’est un véritable produit d’appel ayant même eu un temps, les honneurs de la couverture du Guide vert Michelin.
Ces derniers mois, les lignes des Hirondelles, du Morvan, de Saône-et-Loire et de Haute-Saône, sont devenues les symboles d’un débat national longtemps éclipsé par des années de politique ferroviaire privilégiant le TGV : celui des petites lignes aux grands besoins ! Le désengagement chronique de l’Etat menace actuellement 40% du réseau national secondaire de fermetures.
Si le débat est vif, c’est bien parce que ces lignes sont par ailleurs un service public, en particulier pour le monde rural et les villes moyennes, à l’instar de la santé ou de l’éducation.
C’est ce qu’expriment toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés activement de Saint-Claude à Champagnole cet été, dans le Morvan, en Saône-et-Loire et en Haute-Saône au printemps.
C’est aussi le sens du rapport qui nous est proposé aujourd’hui : apporter une réponse volontariste à des besoins sociaux partout sur le territoire sans hiérarchie.
Les travaux sur la ligne Clamecy-Corbigny représentent alors cette bouffée d’air. Nous sommes aux côtés de la ruralité, de ses usagers et de ses entreprises. Les usages sur Clamecy-Corbigny sont mixtes et concernent aussi bien le transport voyageurs que le transport de marchandises. La perspective d’un retour des trains voyageurs est à saluer.
La ligne des Hirondelles est évidemment vitale pour l’économie du Jura, pour ne pas fragiliser les différents lycées du secteur, d’autant qu’ils proposent parfois des filières uniques qui n’existent pas ailleurs en France, et enfin pour éviter l’enclavement d’une zone de montagnes en étant reliés à Besancon, Dijon et Paris, à l’appui de correspondances intelligentes avec les TGV à Dole.
Evidemment, la formule du jour n’est pas magique ! Pallier des années de sous-investissements, à une désorganisation de l’offre pour les Hirondelles depuis 2011 où la mise en service du TGV Rhin-Rhône a fait chuter la fréquentation, ne se fera pas en un claquement de doigt.
J’entends aussi les arguments de la démographie. Mais attention, la fréquentation est tributaire de l’offre. Elle doit être au cœur des réflexions.
La faible fréquentation est l’argument classique avancé pour exiger l’abandon de ces lignes au vu des sommes colossales à investir.
Nous prenons acte évidemment sans pour autant nous y résigner. En effet, les fréquentations actuelles sont largement faussées par l’indigence de l’offre quelle que soit la ligne.
Nous ne partons pas de rien. Pour travailler à une offre plus lisible, sur les Hirondelles par exemple, nous pouvons toujours ressortir une étude de 2015 des cartons : elle consiste à rétablir, à coût constant, 4 correspondances AR avec les TGV Paris et même 5 lors des pointes de fin de semaine. Mais, il y a aussi et sans doute d’autres améliorations à mener.
Ne nous privons pas d’une telle réflexion sur l’offre qui a trouvé un débouché en Région Grand-Est dans la vallée de la Buche. Je prends volontairement cette référence car Grand Est n’a pas une démographie des plus dynamiques.
Et pour terminer, je vais radoter mais je saisis toutes les occasions qui s’offrent à moi. J’attire de nouveau votre attention sur l’argument du car bien rempli, comme solution plus écologique que des trains quasi vides. Plusieurs études et retours d’expériences démontrent que 30% des usagers reprennent leur voiture. En incluant dans le bilan carbone globale, le report modal sur la voiture lors du transfert par car, le bilan écologique est plus que discutable. L’avenir est aussi et sans doute dans les trains dits légers sur ce type de lignes.
J’en profite d’ailleurs pour saluer l’expérimentation de la navette rail-route Flexy, sur la ligne Etang/Autun, qui permet par ailleurs de réouvrir la ligne. Cette expérimentation pourra nourrir nos réflexions.
Toutes ces options sont à étudier parallèlement à une planification des travaux par phase où l’Etat devra prendre toute sa part dans un souci d’efficacité de l’action publique.
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Cher Président, cher-e-s collègues,
J’évoquais, dans mes propos liminaires, le frein que représente la mobilité pour accéder à l’emploi et à la formation. Je vais apporter une précision : c’est particulièrement vrai pour les plus jeunes, soit près d’un jeune sur deux. Les ménages les plus modestes sont également les plus concernés.
Le versement mobilités apparait donc comme un véritable bouclier social, un outil efficace au service d’une transition juste. Ceci d’autant plus qu’il permet de rééquilibrer l’austérité budgétaire gouvernementale pour faire bien plus que de préserver les services publics : l’objectif est de les développer par une offre nouvelle.
Vu les difficultés de recrutement et de main d’œuvre qualifiée, le versement mobilité contribuera aussi à renforcer l’attractivité du tissu économique régional.
Tout le monde sait pertinemment qu’un tissu économique robuste réside d’abords dans la qualité des équipements, des services et infrastructures de transports, énergétique, de santé et d’éducation. C’est ce qui permet d’avoir du personnel qualifié organisée par la puissance publique. Ces atouts exigent en effet des contreparties pour perdurer, contreparties qui sont à mettre au regard des crédits d’impôts et des subventions aux plus grandes entreprises qui représentent un coût pour l’Etat de 200 milliards euros/an.
Je crois que le mauvais signal donné aux entreprises serait de réduire drastiquement les investissements dans d’autres politiques quand on sait que l’économie locale repose à 75% sur la commande publique.
Donc oui, nous ne nous résignons pas et continuons à améliorer la qualité du service public de mobilités, à garantir un accès équitable partout pour toutes et tous, particulièrement dans les territoires les moins dotés. Nous ne nous résignons pas à sacrifier l’emploi par des politiques d’austérité qui fragiliseraient un peu plus l’économie locale.
Ce pari gagnant est d’ailleurs soutenu majoritairement par les acteurs de la mobilité, le comité des partenaires ayant donné un avis favorable. Il en va de même pour le CESER.
Nous avons, cependant, la responsabilité d’être transparent et de donner de la visibilité à l’offre nouvelle qui sera mise en service dès 2026. La juste utilisation de l’argent public contribue aussi à renouer avec la confiance et en notre capacité à agir pour l’intérêt général et le bien commun.
Pour terminer, cette bonne nouvelle pour les habitant-e-s contraste mal, en cette période de souffrance sociale, avec le choix des oppositions qui défendent, à contrario, moins de services et de dessertes pour notre territoire.
Claire MALLARD,
Présidente de groupe Écologistes & Solidaires
21 octobre 2025
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