Sécurité Sociale de l’Alimentation et Comités de desserte Mobigo

Interventions en plénière

 

Résolution pour la sécurité sociale alimentaire (SSA)

Cher Président,

Je vous remercie pour la confiance que vous nous accordez à Fabrice VOILLOT et moi-même sur ce dossier. Vous avez bien raison, nous formons une bonne équipe !

Mon cher Fabrice, tu viens d’illustrer parfaitement qu’une politique publique ne se réduit pas à la gestion des affaires courantes.

Nous avons le devoir de porter une ambition, une vision pour accompagner les changements de ce monde et créer les conditions d’une plus grande autonomie de nos concitoyen·ne·s.

Finalement, avec cette délibération on pourrait se contenter de dire : « bien manger » ne doit pas être un privilège, mais un droit !

Mais ce qui a du sens ne tombe pas toujours sous le coup de l’évidence. L’opposition nous l’a montré lors de la session d’hier.

Président, à l’écoute de leur position, si je comprends bien, tout va très bien Madame la Marquise ! Les circuits courts existent et l’existant est bien suffisant pour répondre à la crise alimentaire.

Ah bon, vraiment ! Nous ne le pensons pas, notre majorité ne supporte plus la violence alimentaire et la violence sociale.

Et nous disons :

  1. Non aux étudiant·e·s qui ne peuvent plus se nourrir
  2. Marre des maladies chroniques qui explosent cancers, AVC, diabète, obésité…
  3. Marre d’entendre que des familles sautent des repas, achètent des produits entrée de gamme pour pouvoir payer leur facture d’énergie et de logement notamment depuis la crise inflationniste de 2022
  4. Marre de voir des agriculteurs·trices qui ne vivent plus de leur travail
  5. Sidérée de voir qu’en 2023, pour la première fois de leur histoire, les restaurants du cœur ont annoncé devoir refuser du monde.

Président, nous partons alors à la conquête d’un droit nouveau, d’une nouvelle promesse sociale, universelle, démocratique et écologique.

Et nous pouvons être fièr·e·s d’être une Région pionnière à expérimenter, à travers la fédération régionale de la SSA, le « droit de bien manger ».

Notre ambition qu’on soit riche ou pauvre est de pouvoir choisir ce que l’on mange, sans risquer pour sa santé à cause d’une alimentation de médiocre qualité ou d’une quantité insuffisante.

Nous ne voulons plus entendre, non plus, qu’un modèle agricole qui ne paye plus ses paysan·ne·s et dont certaines pratiques impactent notre santé et les milieux  de vie, tout cela parce que la population n’a pas assez d’argent pour bien manger.

La fédération régionale vers une SSA de l’alimentation est une des clés de voute d’une véritable souveraineté alimentaire qui garantira :

  • La liberté de choisir, sans se restreindre à ce que l’on peut acheter.
  • De renouer avec le goût des aliments, le plaisir de cuisiner et de partager
  • De rapprocher autant que possible les lieux de production et de consommation
  • D’éviter une trajectoire vers les déserts alimentaires à terme où des territoires ne seront plus couverts par des magasins alimentaires et des producteurs
  • De payer justement et dignement les producteurs·trices pour que tous·tes produisent de la qualité au profit de la santé du vivant, l’humain et les milieux de vie.

Cette fédération régionale qui a pour objectif d’accompagner un foisonnement de caisses locales de l’alimentation renvoie à l’histoire de la Sécurité sociale, qui trouve des inspirations dès le XIXe siècle, dans des projets de caisses ouvrières de secours mutuel.

Alors, dans l’attente du courage politique qui a permis les ordonnances de 1945 donnant à la France sa Sécurité sociale, et de créer une 4ème branche dédiée à l’alimentation, notre majorité fait preuve de pragmatisme et propose aujourd’hui de nous inspirer de quelque chose qui existe, qui a fait ses preuves et nous rassemble.

 

 

Mise en œuvre des comités de desserte Mobigo

Cher Président, Cher·e·s collègues,

Voilà les tant attendus Comité Mobigo, le nom est très sympa en plus.

Ces comités, c’est une nouvelle étape dans notre volonté commune de démocratiser la politique de mobilité, de faire participer les usagers du train et des cars à une politique qui les concerne en premier lieu.

Monsieur Odoul, vous avez des problèmes avec la démocratie on dirait. Le but n’est pas d’avoir un déversoir à colère mais de transformer ces colères en solutions pour répondre aux besoins des usagers. Je crois que ça vous ennuie au final que nous donnions, institutionnellement, la parole aux usagers.

Ils pourront ainsi prendre la parole lors d’un moment de dialogue et d’échange privilégiés pour améliorer la qualité du réseau Mobigo sur les lignes qu’ils empruntent tous les jours.

Comme exprimés en propos liminaires, la régularité globale en BFC est une des plus satisfaisante de France, à hauteur en moyenne 90%, mais elle ne doit pas cependant masquer les inégalités, je l’ai évoqué Nevers-Lyon, Morvan…

Sur Nevers-Lyon, les retards sont chroniques, les trains sont régulièrement supprimés sans information préalable. Les usagers s’en plaignent évidemment mais c’est l’ensemble du tissu économique, déjà fragile, qui est touché !

Même chose pour les lignes du Morvan, ou même quand il y a substitution au train par cars, ceux-ci ne sont pas adaptés à la fréquentation. Les usagers sont découragés. Quand le service déraille, les usagers sont découragés et après on viendra nous dire qu’il n’y a personne dans les trains.

Quant à la question des infrastructures, longuement débattues dans cette assemblée, la vétusté contribue à la dégradation du service. Que vont-elles devenir ? La position des écologistes est connue, je n’y reviens pas.

Surtout, gardons-nous d’opposer les territoires et les différents modes de déplacements entre eux, chaque problématique est spécifique et se doit d’être être traitée et débattue.

Il y a aussi des zones blanches en transports en communs ou partagés qui attendent des infrastructures et comme Stéphanie Modde l’a dit, les entrées de métropole dijonnaises et bisontines sont saturées par le trafic routier en heure de pointe. Un million de BFC sur ce bassin de mobilité.

Voilà, tout le travail qui nous attend.

Rappelons tout de même que la Région BFC a été une des premières à mettre en œuvre un comité des partenaires et des comités de partenaires locaux dès 2022, il était temps de passer un cap.

Nous passons de la consultation à la concertation.

La démocratisation de la politique de mobilité se déclinera donc en 2 temps :

  1. Nous saluons l’ouverture d’une plateforme en ligne pour recueillir les avis et les questions en amont des réunions publiques pour que les usagers aient des réponses précises lors des réunions. Cette démarche existe dans d’autres Régions, et cela fonctionne très bien Monsieur Blaize.
  1. Concernant l’organisation des réunions publiques. J’insiste sur le fait que ces réunions publiques ne doivent en aucun mettre la poussière sous le tapis mais au contraire prendre à bras le corps toutes les problématiques, les fameux points noirs Morvan, Nevers-Lyon, transfrontalier…

Si la présentation de la politique régionale en matière de transports ou des bilans seront probablement présentés, nous devrons aussi soumettre à débat l’analyse des performances des ligne en termes de régularité, de flux de voyageurs, de tarification, présenter également les grilles futurs horaires, et les faire valider par les usagers, poser la question des correspondances, condition majeur pour remplir les trains et les cars. Je note positivement que l’acquisition de matériels, la question des travaux, et la pérennisation des infrastructures ferroviaires sont bien à l’agenda de ces comités.

Président, à peine un an après votre installation, vos déclarations se concrétisent. En plus, le vice-président vient de nous donner le calendrier des premières réunions, c’est parfait. Votre engagement est tenu, c’est la base d’un contrat de confiance qui continue de se construire avec les bourguignons-francs-comtois et bourguignonnes-franc-comtoises, et c’est tant mieux !

 

Claire MALLARD,

Présidente de groupe Écologistes & Solidaires

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