Discours de politique générale – Plénière mars 2025

Intervention en plénière


Seul le prononcé fait foi

 Madame la Présidente, cher-e-s collègues,

 

Notre Assemblée se tient à la veille de la journée mondiale contre le racisme et les fascismes. A Besançon, Nevers, Chalon/Saône, Dijon, le Creusot, celles et ceux qui défendent une société humaniste, égalitaire et inclusive seront mobilisées pour faire front commun contre les idéologies fascistes destructrices qui menacent désormais la sécurité des peuples.

Ici, comme tous nos concitoyens, nous sommes inquiets de la tournure que prend la situation mondiale, dont notre action régionale ne peut s’abstraire. 5 ans après la pandémie de Covid-19, le monde s’engouffre dans le chaos climatique et la montée des fascismes.

Dans un contexte anxiogène, les écologistes ne considèrent pas qu’il faille mettre l’accent sur une seule et unique menace. Ils estiment au contraire que le diagnostic efficace est de cibler la menace globale qui pèse sur l‘avenir de la planète et de l’humanité toute entière.

 

Le risque le plus facilement perceptible est aujourd’hui celui que fait peser la Russie par sa guerre d’agression en Ukraine et par la tentation qui est la sienne de reconstituer sa ceinture impériale au Nord et à l’Est de notre continent. Menace à laquelle il convient de répondre notamment par un renforcement et une mise en cohérence des moyens de défense européens.

 

Mais la menace russe n’est ni unique ni isolée : elle est la conséquence de la rivalité entre puissances, grandes et moyennes, entre oligarchies de grandes firmes pour prendre le contrôle des zones clefs pour l’extraction et le commerce des matières premières stratégiques pour les décennies à venir.

 

Les États-Unis, la Chine, et des puissances régionales comme l’Iran ou les pétromonarchies sont largement engagés dans la guerre pour la ressource fossile et post fossile et dans la course aux armements.

 

Au lieu d’accélérer le multilatéralisme et la coopération mondiale pour faire face au changement climatique et à la nécessaire transition écologique, au lieu d’une utilisation raisonnée et équitable des ressources naturelles, un certain nombre d’états exacerbent les nationalismes, prônent le cavalier seul, les égoïsmes nationaux, et tentent faire croire au mieux qu’on pourra s’en sortir chacun de son coté, au pire en dominant les autres.

 

Au-delà des efforts de défense, il n’y a aura donc pas de lutte efficace contre la menace russe, sans renforcement de la capacité européenne à s’opposer à tous les fauteurs et à tous les facteurs de guerre.

 

Sans capacité diplomatique de l’Europe à coaliser sur d’autres continents, des humanistes attachés aux valeurs démocratique, aux Amériques, en Afrique, dans la zone pacifique, avec tous ceux qui refusent la domination des puissances impérialistes et belliqueuses.

 

Sans renforcement de l’action internationale contre le changement climatique et la crise écologique qui frappent les peuples et les précipitent dans les bras des bellicistes de toutes origines.

 

Sans effort, ici pour contribuer à l’autonomie stratégique du continent européen, à la cohésion et à la justice sociale. En 2024, la France a augmenté de 81% ses importations de gaz liquéfié russe, pour 2,68 milliards d’euros et nous importons aussi de gaz liquéfié des États-Unis.

 

Alors oui, nous devons protéger et défendre les peuples face aux catastrophes écologiques programmées et au creusement des inégalités, qui sont à la racine des populismes et de leur instrumentalisation par des leaders autoritaires.

 

A l’opposé, donc, d’un monde qui se réorganise autour du principe « fort avec les faibles et faibles avec les forts », les leviers d’une défense globale impliquent de préserver les dépenses sociales. Ce n’est pas aux citoyens de se serrer le ceinture mais bien aux grosses fortunes de contribuer massivement à l’effort de défense globale : demander plus, à ceux à qui ça coûte le moins.

 

Si notre capacité à amortir les chocs impliquent un effort constant d’adaptation climatique, le chemin est en encore long. Le coût de l’inadaptation climatique, rendu public lors de la présentation du 3-ème plan d’adaptation climatique de la France, est sans équivoque. Sans solution d’atténuation et d’adaptation, le coût des sinistres climatiques pourrait doubler au cours des 30 prochaines années.

 

A notre échelle régionale, notre constance à œuvrer en faveur de la transition écologique contribue à cette résilience.  Pour maintenir ce cap et faire face à la cure d’austérité imposée par l’Etat, le budget vert, en passant au crible les dépenses de fonctionnement et d’investissement sous le prisme de l’impact écologique, participe à consolider notre ambition écologique dans le budget 2025. En effet, 44% des crédits de paiements sont alloués aux transitions, à l’atténuation et l’adaptation climatique et à la reconquête des ressources naturelles.

 

Je remercie au passage nos services administratifs qui œuvrent à cette évolution pour construire, à nos côtés, des budgets en phase avec les enjeux contemporains.

 

L’écologie de l’action, c’est aussi notre engagement dans la démarche de planification écologique. La Bourgogne-Franche-Comté en partenariat avec l’Etat se pose en stratège pour sécuriser les acteurs économiques et les citoyens dans l’évolution des modes de vie.

 

Si nous aboutissons, aujourd’hui, à une feuille de route pour dresser une trajectoire qui indique où nous souhaitons aller, comment on fait pour y arriver avec des solutions opérationnelles ; au même titre que le CESER, nous doutons de la volonté de l’Etat à être au rendez-vous.

 

Pourtant, cette planification est essentielle pour garantir une transition juste et équitable. Face aux désordres du monde, nous ne pouvons pas laisser les entreprises, les citoyens et les collectivités faire avec leurs moyens au risque de creuser un peu plus les inégalités sociales et territoriales.

 

Madame la Présidente, chers collègues,

 

Ce qui est bon pour la sécurité du pays, c’est ce qui fait l’union et non la division, le compromis juste au lieu de l’antagonisme mortifère.

 

Je vous invite madame la Présidente à suggérer à Régions de France la constitution d’un groupe de travail avec toutes les forces démocratiques de nos assemblées, d’abord pour bien établir le diagnostic des menaces globales et en débattre, ensuite, pour examiner ce que cette donne nouvelle change ou renforce pour les politiques industrielles, agricoles, sociales et écologiques locales.

 

Les élus écologistes de Bourgogne Franche Comté ne verraient pas d’un mauvais œil que nous nous livrions pour nous-mêmes ici à un semblable exercice.

 

 

 

Je vous remercie

 

Claire MALLARD,
Présidente du groupe Écologistes & Solidaires

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