
Cher Président, Monsieur le Président de la chambre régionale,
Après la succession des crises agricoles, vous avez fait le choix, nous faisons collectivement le choix, de dire stop ! Maintenant on reprend, en partie, en main notre destin pour décider avec la profession, du système agricole et alimentaire que nous voulons.
Les agriculteurs et agricultrices, méritent mieux que :
- La domination imposée par les marchés dérégulés. La semaine prochaine, le drame social et environnemental, le traité du Mercosur entrera en vigueur, alors soyons en résistance !
- La domination aussi liée à la dépendance aux énergies fossiles qui font flamber les coûts de production et bien sûr l’inaction climatique qui prive de lisibilité économique les paysan·ne·s.
Cette convention a donc une vocation : sortir les agriculteurs·trices de la mauvaise ornière dans laquelle ils se sont enlisés et faire face aux chocs économiques et climatiques qui s’accélèrent et se succèdent. Christian Morel l’a évoqué, 4 agriculteurs sur 10 en Bourgogne Franche-Comté vivent avec moins que le SMIC.
Elle trace un chemin pour envisager plus sereinement l’avenir avec l’espoir d’une souveraineté alimentaire, la seule capable de relever les défis contemporains. Comment ?
- Avec la diversification des productions, le soutien aux filières locales de protéines végétales, le territoire sera moins dépendant des importations ;
- Nous restaurons la fertilité des sols et par conséquent l’espoir d’un revenu conforté par une baisse des coûts de production et des exploitations moins vulnérables notamment dans un contexte de flambée des coûts des cours des engrais. Chacun pourra mesurer la portée du filet de sécurité pour le revenu agricole dont la seule boussole ne sera plus le seul cours des denrées agricoles à la Bourse de Chicago !
- Avec la promotion de l’agronomie dont l’agriculture biologique, c’est la promesse de faire face au changement climatique qui coûte 28 milliards d’euros de perte nette à l’économie agricole chaque année et particulièrement due aux sècheresses ;
- La reconquête de nos ressources naturelles, en protégeant l’eau, la biodiversité, des sols notamment, redessinent des perspectives pour être en mesure de produire, de transformer et de consommer une alimentation saine qui correspond à la réalité agronomique de notre territoire ;
- Plus l’agriculture sera robuste et rémunératrice, plus le métier sera attractif. Nous devons alors être très volontaristes mais aussi agiles et souples pour trouver des dispositifs qui permettent d’installer facilement celles et ceux qui ne nous viennent pas du monde agricole, et aujourd’hui ils et elles sont nombreux·ses.
Alors oui cette feuille de route planifie, une protection pour les agriculteurs·trices comme pour les mangeurs, car elle va guider les investissements agricoles et alimentaires à venir afin de préserver nos capacités de production et de créer de la richesse ici en Bourgogne-Franche-Comté.
Claire MALLARD,
Présidente de groupe Écologistes & Solidaires