Convention cadre de la Fédération régionale des CIDFF

Intervention en plénière

 

Convention cadre Fédération régionale des Centres d’Information des Femmes et de la Famille (FR-CIDFF)

Monsieur le Président, chèr·e·s collègues,

Le monde dans lequel nous vivons n’est pas tendre avec les femmes. L’ONU annonce qu’en 2024, près d’un quart des gouvernements faisaient état d’un recul des droits des femmes, contrairement à ce que vient de dire Madame Fortier, une jeune femme qui, je l’espère pour elle, n’aura jamais à subir, elle, ses enfants, ce que beaucoup trop de femmes vivent. Je rappelle que les femmes meurent parce qu’elles sont des femmes.  La même année, l’indice mondial sur l’état de droit relevait que l’égalité de genre reculait dans la majorité des pays suivis.

En France, la réalité est tout aussi préoccupante. La même année, 376 000 femmes ont été victimes de violences au sein du couple. 277 000 ont subi des tentatives de viol ou des agressions sexuelles quand seulement 7 % ont porté plainte. Quand une femme se sépare d’un conjoint, elle perd en moyenne 24 % de son niveau de vie et près d’une sur trois bascule sous le seuil de pauvreté l’année même de la séparation. Parce qu’en France, une famille sur quatre est monoparentale, et dans 82 % des cas, c’est une femme qui en est à la tête. Avec, au bout du compte, 41 % des enfants de ces familles monoparentales qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Ces litanies de chiffres, égrainés années après années, devraient nous révolter, nous indigner parce que derrière chaque chiffre, il y a des vies, derrière une femme en difficulté, il y a souvent des enfants. Il y a une famille qui vacille.

Les chiffres démontrent aussi que les territoires ruraux sont les zones blanches de l’égalité. Les femmes victimes y subissent un isolement géographique et social accru, une dépendance économique et un éloignement des services spécialisés et des forces de l’ordre.

  • Alors quand une femme en zone rurale de Haute-Saône ne sait pas qu’elle peut quitter un conjoint violent sans perdre son logement, c’est un CIDFF qui lui explique ses droits ;
  • Quand une jeune femme hésite à se former à un métier qu’elle pense ne pas être pour elle, c’est un CIDFF qui la reçoit et l’oriente ;
  • Quand une salariée subit du harcèlement et ne sait pas à qui s’adresser, c’est un CIDFF qui l’accompagne ;
  • Quand une victime de viol ne sait pas à qui s’adresser, c’est un groupe de parole du CIDFF qui lui permet d’en parler ;
  • Enfin, quand des enfants grandissent dans un foyer où la violence s’est installée, ce sont aussi ces structures qui permettent à la famille de retrouver un appui, un fil, une sortie.

Ce sont des vies réelles. Des vies en Bourgogne-Franche-Comté, dans nos villes et nos villages.

Le Conseil régional n’est pas une institution abstraite qui délibère en surplomb. Il est présent dans le quotidien des gens, dans leurs besoins les plus urgents, parfois dans leurs moments les plus vulnérables.

Avec cette convention, nous finançons des actions concrètes qui auront un impact sur le quotidien des personnes : ce sont des permanences physiques, des juristes, des psychologues, des conseiller·e·s en insertion. Et le van itinérant « Nina et Simon·e·s », qui va chercher les femmes là où les permanences ne suffisent pas — dans nos territoires ruraux, là où l’isolement aggrave tout.

Nous savons que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis, ils subissent même actuellement un terrible régression.  Le Conseil régional, par cette signature agit, aide, soutient le CIDFF qui peut faire la différence dans des moments de vie difficiles. Cette convention triennale en est la preuve :  l’égalité n’est pas une variable d’ajustement pour nous, c’est une priorité.

Le groupe écologiste la votera avec conviction

 

Marie-Claire THOMAS,

Conseillère régionale

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