Discours de politique générale – Plénière avril 2026

Intervention en plénière


Cher Président, cher·e·s collègues,

Je vais remercier les lycéennes et les lycéens pour leur présence, espérons que la hauteur des débats suscitera l’envie, chez eux, de s’engager pour l’intérêt général.

Je félicite les collègues pour leur élection ou leur réélection en tant que Maire et Président de communauté de communes. Elles et ils sont nombreux au sein de la majorité, Valerie, Nathalie, Frédéric, Nicolas, Alain leur engagement est reconnu.

Permettez-moi de répondre à Monsieur Odoul que nous n’avons pas besoin de ses services pour faire des constats lucides ! Pour autant, un peu d’humilité ne fera de mal à personne, au RN qui avait promis un grand soir nationaliste au lendemain des élections municipales, alors qu’on n’a même pas de petits matins, et je viens d’entendre depuis les rangs du RN que Besançon a été gagnée grâce aux voix du RN, ce n’est pas top ça Monsieur Sermier !

Monsieur le Président, nous vivons des temps obscurs. Des autocrates déclenchent des guerres dont nous payons le prix à la station-service.

J’évoque régulièrement l’urgence de construire notre autonomie énergétique pour sortir de la pince des autocrates, de Trump, de Poutine et de tous les autres ! Sortir de la dépendance aux gaz et au pétrole au profit des économies d’énergies à confort constant et au profit des énergies renouvelables est un enjeu de protection sociale.

La promesse sociale de nos démocraties, qui s’est construite sur des énergies fossiles abondantes et bon marché met aujourd’hui en danger nos droits, notre pouvoir d’achat et nos libertés.

Cette dépendance aux énergies fossiles touche le maillon le plus intime de nos vie : la mobilité du quotidien et l’accès au travail, aux soins ou à l’école de millions de concitoyens. Bientôt, ce seront nos assiettes ! les coûts des productions agricoles explosent, rendant vulnérable aussi bien les revenus des agriculteurs que le prix de l’alimentation.

Avec la guerre au Moyen-Orient, nous vivons la plus grande destruction d’infrastructures des énergies fossiles de l’histoire. En conséquence, chaque retard pris dans l’isolation des logements, l’agro-écologie, l’accès aux véhicules électriques pas chers, dans le déploiement et le raccordement massif des énergies renouvelables, du train et des cars pour tout le monde, tous ces retards condamnent nos concitoyens à une crise du pouvoir d’achats sans fin.

Personne n’est pourtant condamné à boire la tasse sur un bateau percuté par les tempêtes alors qu’il n’a plus ni boussole, ni gouvernail.

Il y a plusieurs problèmes :

  • D’un côté des millions de personnes peinent à payer leur facture d’énergie et de l’autre les compagnies pétrolières se remplissent les poches depuis le début du conflit iranien. Est-ce aux Etats, aux ménages et aux PME-TPE de payer le coût de notre dépendance ?
  • Le court-termisme des Etats comme de certains industriels, les renoncements et les stop and go permanents de l’électrification du secteur l’industriel, tout cela établit une trajectoire vers un vaste plan social.
  • Depuis 10 ans, c’est 100 000 emplois qui ont disparu dans la filière automobile. La trajectoire est connue et se confirme. Alors voir que 190 emplois du secteur automobile thermique vont être transférés de Vesoul à Poissy car l’activité diminue est avant tout une absence d’anticipation injuste et un drame pour la vitalité économique de la BFC.
  • Ce manque d’anticipation se traduit par une double peine puisque l’Etat va, par ailleurs, amputer notre politique de formation de 25 millions d’euros et donc priver les demandeurs d’emplois de formation dans des secteurs d’avenir. On marche sur la tête à tous les niveaux !

Notre majorité ne reste pas, elle, les deux pieds dans le même sabot. Depuis 5 ans, nous avons engagé une politique de conversion des activités des sous-traitants automobiles pour anticiper les mutations et éviter l’effondrement de notre tissu industriel. Mais nous voyons très bien qu’il y a un changement d’échelle à opérer qui repose sur un Etat stratège, volontaire et constant auprès des collectivités, car le défi est immense.

Quoiqu’il en soit, notre Région construit cette nouvelle promesse sociale, celle d’une souveraineté énergétique pour le plus grand nombre, malgré les vents contraires de la démagogie et de l’austérité budgétaire imposée par l’Etat.

Aujourd’hui face à la flambée des prix, nous répondons à l’urgence. Nous saluons votre décision Président, fruit d’un travail commun de la majorité, de geler l’augmentation des tarifs TER sur de courtes distances.

Nous préparons aussi l’avenir, sans bruits ni fracas.

  • Les débats consacrés aux priorités politiques 2026 conforte la trajectoire vers une décarbonation des usages : isolation des logements sociaux, soutien à la production locale d’énergie, à la filière du réemploi et des matériaux biosourcés, appel à projet pour le bois construction, remise en service en 2026 de 10 trains rétrofités, travaux sur la ligne des hirondelles, 75% de réduction sur les trains Mobigo pour les jeunes en insertion, verdissement d’une flotte de cars à 2 euros …  Bien sûr, toutes ces mesures sont à amplifier !
  • Autre secteur stratégique : l’agriculture. La convention-cadre avec la chambre d’agriculture régionale est un véritable bouclier social pour préserver le revenu des agriculteurs dont l’avenir, y compris à très court terme, est illisible. Une convention qui s’attaque à remettre debout, celles et ceux qui dont le revenu est menacé par les risques climatiques, la concurrence déloyale des traités de libre-échange et la dépendance au pétrole et au gaz puisque ceux-ci servent à la production d’engrais azotés.

La souveraineté énergétique se corrèle évidemment avec l’enjeu de souveraineté alimentaire. Celle-ci repose sur la reconquête de nos ressources naturelles et conditionnent nos capacités à produire une alimentation suffisante et de qualité.

Je salue alors les partenariats, qui seront votés aujourd’hui, avec les Conservatoires d’Espaces Naturels et les Agences de l’Eau qui permettront d’entretenir notre patrimoine commun et de prévenir les risques de dégradation. Tout cela permettra de protéger nos conditions de vie, notre qualité de vie qui distingue la BFC, et qui est par ailleurs fortement appréciée par les Bourguignons Franc-Comtois.

 

Je vous remercie

 

Claire MALLARD,
Présidente du groupe Écologistes & Solidaires

Majorité régionale

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