Accompagnement psychologique des agent-e-s et Insertion des Personnes Handicapées

Interventions en plénière

Prise en charge de séances d’accompagnement psychologique au bénéfice des agent·e·s de la collectivité

Monsieur le Président, chers collègues,

Aujourd’hui, nous examinons une délibération qui, à première vue, semble simple : permettre aux agents de la Région d’accéder à un accompagnement psychologique pris en charge par la collectivité. Mais en réalité, c’est un sujet profondément politique. Parce que derrière ces lignes administratives, il y a une question fondamentale : comment prend-on soin de celles et ceux qui font vivre le service public ?

Le stress, l’épuisement, les conflits, les injonctions contradictoires… ce n’est pas un roman noir, c’est parfois le quotidien des agent·e·s des « fonctions publiques.  Et ce n’est pas parce qu’on travaille pour l’intérêt général qu’on devient subitement invincible.
Un service public solide, ça commence par des agents en bonne santé. Ce n’est pas un slogan, c’est du bon sens.

La Région s’est dotée d’une psychologue du travail : c’est un progrès. Mais dans certains cas, les agents ont besoin d’un accompagnement extérieur, rapide, accessible, reconnu. Et quand la médecine du travail manque sur un territoire — ce qui est loin d’être un cas isolé — nous devons garantir une continuité.
Là où l’État se fait trop souvent absent, les collectivités doivent rester présentes. Voilà pourquoi ce dispositif est indispensable.

Cette prise en charge, limitée, encadrée, ciblée, est une réponse d’humanité et de responsabilité.
Parce qu’accompagner quelqu’un qui vacille, c’est éviter qu’il tombe. Et c’est aussi éviter qu’un service dysfonctionne, qu’un conflit s’envenime, qu’un arrêt maladie s’allonge.
Prévenir, c’est protéger — et c’est aussi économiser. Je sais que certains apprécieront cet argument très terre-à-terre. En effet, les maladies chroniques explosent en France.

Ce que nous votons, c’est un cadre juste :
• jusqu’à 15 séances, 20 en cas de signalement ;
• un montant plafonné ;
• des psychologues certifiés ;
• des séances possibles sur le temps de travail, parce que la santé mentale n’a pas vocation à se cacher derrière la pause déjeuner.

C’est une mesure tournée vers l’avenir, parce qu’elle place le bien-être des agents au cœur du fonctionnement public.
C’est une mesure de gauche, parce qu’elle rappelle qu’un travail digne ne doit pas coûter sa santé ou générer de la souffrance.
Et c’est une mesure consensuelle, parce qu’au fond, nous savons toutes et tous que soutenir celles et ceux qui nous soutiennent au quotidien dans notre fonction d’élu·e·s… ce n’est pas une option.

Alors oui, soyons ambitieux :
un service public qui prend soin de ses agents, c’est un service public qui tient debout.
Et ça, c’est une bonne nouvelle pour toute la Bourgogne-Franche-Comté.

J’ai la conviction que nous envoyons un signal clair : ici, personne ne doit affronter seul ce qui l’ébranle.

Je vous remercie.

 


Convention entre le Fonds Pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP) et la Région Bourgogne-Franche-Comté 2026-2029

Monsieur le vice-président, chères et chers collègues,

Nous examinons aujourd’hui le rapport sur la convention passée par la Région avec le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (F.I.P.H.F.P).

2025 marquera les 20 ans de la Loi fondatrice du 11 février 2005. Cette loi est essentielle, car elle a posé l’obligation d’égalité des droits et de pleine citoyenneté pour les personnes en situation de handicap.

Pourtant, deux décennies plus tard, la réalité est amère. L’égalité réelle n’est pas atteinte. Loin s’en faut.

  • Le taux de chômage des personnes handicapées s’élève à 12 %, soit presque le double de la population générale.
  • Nous sommes massivement sous-représentés dans les sphères de décision et de pouvoir. Un exemple, (au hasard, bien sûr) : L’étude HandiPolitique révèle que nous ne représentons qu’environ 0,02 % des élu.es en France, alors que nous sommes plus de 12 % de la population.

Notre absence dans les lieux de pouvoir pose une question fondamentale à notre démocratie : des non-concernés parlent et agissent à notre place à propos de sujets nous concernant. Quand nous sommes perçus uniquement comme des objets de soins et non comme des sujets de droits, c’est l’égalité de la devise française qui est bafouée. Et on se demande pourquoi les Personnes en Situation de Handicap cachent leur handicap…

Il est temps de briser le plafond capacitaire, du validisme. Nous devons soutenir l’émergence de personnes en situation de handicap dans les postes décisionnaires et créer les conditions d’une accessibilité effective.

Monsieur le Président, mes cher·e·s collègues,

En Bourgogne-Franche-Comté, nous avons l’occasion de devenir un modèle d’inclusion.

  • Nous affichons un taux de 11,55 % d’agents en situation de handicap, bien au-dessus de l’obligation légale de 6 %.
  • Le montant de ce projet sur 4 ans, 1,7 million d’euros, est remarquable et exemplaire.

Mais la force de ce projet, ce n’est pas seulement d’embaucher. C’est de garantir que les évolutions de carrière soient justes et égales.

À la Région, nous faisons le contraire des discriminations mises en œuvre partout ailleurs. : nous mettons en place des systèmes et des aides qui permettront aux personnes en situation de handicap d’évoluer en fonction de leurs compétences uniquement.

Rappelons-le : 7 personnes handicapées sur 8 le deviennent au cours de leur vie. Ce projet, avec sa culture de la prévention, profite à tous. Il envoie un signal fort : si un accident de la vie vous tombe dessus, vous resterez une ressource expérimentielle pour votre structure, et votre vie professionnelle aura toujours du sens.

Toutefois, une vigilance s’impose. Dans la phase de diagnostic, je n’ai pas vu la participation des personnes concernées, ce que l’on appelle la pair-aidance. C’est pourtant une ressource essentielle. Elle valide que nous ne parlons pas à la place des personnes, mais que nous les intégrons dans les processus qui les concernent au premier chef qu’on accueille leurs expériences vécues comme des outils indispensables à nos diagnostics. Ce qu’ils sont en vérité.

Trop souvent, nous, PSH, sommes confrontés à ceux qui estiment savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous. On fait de la charité, du soin, au lieu de respecter notre citoyenneté, notre dignité et nos droits et notre égalité. « Ce qu’on fait pour nous, sans nous, on le fait contre nous disait Mandela.

L’inclusion n’est pas un bonus, ce n’est pas une variable d’ajustement : c’est un principe démocratique fondamental.

Ce rapport démontre que la Région a pris le sujet à bras-le-corps. Nous, écologistes, le savons bien : dans les entreprises, les organisations, la diversité notamment des profils apporte l’intelligence, l’innovation et la une meilleure résolution des problématiques grâce à la diversité des parcours de vie et des expériences.

Dans la nature comme dans nos institutions, la diversité est notre richesse la plus précieuse. Ensemble, brisons le plafond capacitaire et validiste et, persistons à bousculer un peu, beaucoup, pour transformer durablement nos propres représentations, le déterminisme qui accompagne les personnes handicapées et faisons ensemble, de notre Région un véritable écosystème d’égalité réelle !

Je vous remercie.

 

Marie-Claire THOMAS,

Conseillère régionale

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