Qui bénéficie réellement de nos politiques publiques ?

Expression personnelle

Qui bénéficie réellement de nos politiques publiques ?

Lors de la plénière du 14 novembre, le conseil régional a examiné le rapport égalité femmes-hommes 2025 et le plan d’égalité professionnelle 2026-2028, aux côtés du rapport de développement durable et des débats budgétaires.

Le rapport égalité décrit une réalité familière. Dans notre région Bourgogne-Franche-Comté, les femmes sont globalement plus diplômées que les hommes, mais demeurent concentrées dans les emplois les moins stables et les moins rémunérés*. Elles occupent une part significative des postes qui maintiennent les services publics régionaux dans les lycées, les transports, la formation, le social et l’administratif. Les hommes, quant à eux, restent surreprésentés dans les secteurs techniques et les rôles décisionnels. Cette répartition rigide limite les parcours de chacun, enfermant les uns dans des métiers mal reconnus malgré leur utilité, empêchant les autres d’accéder à des domaines comme le soin, l’éducation ou l’accompagnement social.

 

Ces constats prennent un sens particulier quand on les rapporte aux débats sur le développement durable, le budget et la sobriété, montrant  que les tensions budgétaires et climatiques ne pèsent pas uniformément sur tout le monde, et que certaines personnes cumulent déjà les fragilités. On le voit dans nos propres dispositifs : l’insertion par l’activité économique bénéficie très majoritairement aux hommes. De même pour les marchés publics avec clauses d’insertion, qui représentent plus de 86% de nos marchés : ces dispositifs concernent à 85% des hommes. Ces déséquilibres dans la répartition des ressources publiques restent invisibles tant qu’on ne les mesure pas systématiquement.

 

Les engagements pris dans ces rapports vont dans le bon sens en réduisant les écarts de rémunération, en améliorant les conditions de travail et en prenant en compte les parcours et la santé au travail. Nous savons toutefois que tout ne pourra pas être maintenu ni étendu indéfiniment, car les ressources ont des limites, qui nous imposeront de choisir ce que nous réduisons et ce que nous protégeons. Le risque est donc double. D’une part, investir dans les infrastructures tout en laissant les personnes s’user, d’autre part, développer la transition écologique sans toucher à la répartition inégale de la reconnaissance et des revenus entre métiers techniques et métiers du soin. Le plan égalité offre donc un appui pour éviter ces écueils, à condition de l’utiliser concrètement.

 

Dans cette perspective, chaque mesure écologique ou responsable devrait être relue avec une question simple : cette décision réduit-elle les inégalités existantes ou les reproduit-elle ? Une budgétisation genrée de nos politiques nous aiderait à vérifier concrètement que nous ne concentrons pas les ressources publiques sur celles et ceux qui sont déjà les mieux lotis.

 

Nous disposons d’outils solides, comme le centre Émilie Mottet, copiloté par l’État et la Région, qui peut être mobilisé pour intégrer systématiquement cette grille de lecture dès la conception de nos projets.

 

Et enfin, cette perspective sur l’action publique part d’une réalité simple : nous dépendons les uns des autres, du fonctionnement des services, du territoire, de l’environnement. Certaines personnes sont structurellement plus exposées aux effets des décisions prises sans elles, parce qu’elles occupent les postes les plus précaires ou compensent dans leur quotidien ce qui ne fonctionne plus collectivement. Rééquilibrer cette situation suppose de reconnaître que l’effort doit être partagé.

 

L’égalité n’est donc pas un chapitre à part dans nos politiques publiques. Il s’agit d’une exigence transversale qui aide à confirmer la cohérence entre nos ambitions écologiques et sociales et leur traduction concrète. En l’intégrant systématiquement à nos décisions budgétaires et environnementales, nous nous donnons les moyens de construire une transition juste, qui protège à la fois le territoire et celles et ceux qui le font vivre.

 

Je remercie chaleureusement Sarah Persil, vice-présidente aux jeunesses, à la vie associative, la citoyenneté et la démocratie participative et Laetitia Martinez, vice-présidente à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, l’égalité réelle et la laïcité,  pour la qualité de leurs présentations du Rapport égalité femmes‑hommes 2025 et du Plan d’égalité professionnelle 2026‑2028, qui ont nourri cette analyse.

 

*À consulter : Rapport égalité femmes/hommes 2025 et plan égalité professionnelle 2026-2028

 

Aurore LAGNEAU, conseillère régionale

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