
Merci Monsieur le Président, Général
Cher.es collègues, ceci est un postillon (je pose sur la table le chapeau). Et pas n’importe lequel, c’est mon postillon. Du temps où j’étais étudiante mais surtout, réserviste en gendarmerie départementale. Si je l’ai gardé, c’est bien parce mon parcours au sein de l’Armée, mon ambition à servir mes concitoyen·nes et mon pays ont contribué à faire la personne engagée que je suis.
Émancipée grâce aux associations d’éducation populaire, et volontaire pour envisager différentes options professionnelles, j’ai eu la chance de faire mes classes à l’époque où le service militaire masculin n’était plus obligatoire. J’ai défilé, couru, tiré au PA MAC50, appris à interpeller une personne dans un véhicule et à répondre fermement à des propos sexistes. J’ai escorté des prisonniers ou des convois exceptionnels la nuit, « montré du bleu » pendant des fêtes populaires, fait de la police route.
Mes années de réserviste en gendarmerie m’ont ainsi permis de côtoyer les forces de l’ordre, de parfois constater des raccourcis encouragés faute de moyens dans le traitement de certaines affaires. J’en garde un souvenir tendre et critique et je sais que les personnes qui rentrent dans la réserve sont accueillis aujourd’hui dans leurs différences, leur expertise et que l’Armée sait s’ouvrir à des collaborations avec la société civile.
Car c’est de cela, de coopération dont il s’agit ici, outre ce petit témoignage très personnel. Nous, collectivité régionale aux budgets exsangues, prenons aujourd’hui sur nos fonds pour offrir un nouveau service aux usagers du transport ferroviaire. Qu’une collectivité vienne financer le Ministère de la Défense n’est pas banal. Nous pouvons nous en inquiéter puisque le financement des services publics de proximité n’est clairement pas le sujet de notre gouvernement. Je rejoins les interrogations de Mme Germain.
Si nous voulons soutenir aujourd’hui cette expérimentation, c’est peut-être parce que nous voulons saluer la réactivité de la Région à offrir ce nouveau service aux usagers, un service que nous aurons à notre main, sur les tronçons et les horaires que nous savons pertinents.
Ce soutien se veut complémentaire de l’affirmation de nos politiques de solidarité, de médiation et de prévention. Car au-delà des contrôles, le travail le plus efficace contre les violences reste tout de même celui de la lutte contre la grande pauvreté, la culture pour tous et toutes, les fêtes de villages organisées par les MFR, les randos natures du club pédestre, les tournois de foot ou de pétanque pendant la Fête du pain, ou encore la salle de musique ouverte à toute heure de la MJC, grâce à ses supers animateurs.
Vous me voyez donc venir, Monsieur le Président, dans toute ma complexité.
Si on veut être en bonne santé mentale, être heureux, avoir des activités périscolaires et des loisirs, réfléchir et agir pour notre avenir commun, les associations, dont le budget ne sera pas délaissé au profit de ce partenariat, bien sûr, nous restons persuadé.es que les associations sont notre meilleure prévention. Voilà notre réponse complète et cohérente, sur nos deux jambes, pour lutter contre les violences.
Merci Monsieur le Président de séance
Ce matin je ne voulais pas forcément revenir sur les ratios mais revenir sur les actions. Car derrière les budgets, il y a des habitants, des habitantes, des associations, des entreprises, des collectivités. Et oui, ce budget nous permet de rappeler avec force notre soutien au monde associatif (en référence au RN qui vient d’attaquer les associations et la Ligue de l’Enseignement), notre soutien à l’éducation populaire, aux libertés associatives, aux acteurs de l’accompagnement associatif présents sur tout le territoire régional.
C’est l’occasion aussi de continuer à soutenir les politiques jeunesses, de lancer en 2025 le 3ème cycle de participation des Jeunes où, grâce aux associations de jeunesse et d’éducation populaire, dont la Ligue de l’Enseignement, pour faire travailler, pour mobiliser plus de 800 jeunes sur le territoire régional et de les faire participer à cet exercice démocratique, ici même dans cette Salle des Séances, à « qu’est ce que c’est que de prendre part aux décisions, qu’est ce que c’est que de construire une politique PUBLIQUE », parce que les choix individuels à un moment sont extrêment contraints par l’absence ou la présence de politiques publiques.
C’est vraiment le sens de l’action de la région à mettre en place des actions et des dispositions pour tout le monde et notamment pour les plus fragiles d’entre nous.
Nous en sommes à près de 2 000 emplois associatifs qui sont soutenus et qui sont aidés là où les services de l’État ne font plus de politique de soutien à l’emploi associatif avec des adultes relais, des emplois jeunes, et cetera. Cela n’existe plus mais nous, nous continuons de soutenir avec par exemple les points information jeunesse. C’est une très grande politique publique de l’Etat et nous sommes la première région de France à soutenir les points information jeunesse là où des régions de centre et de droite ont arrêté purement et bonnement, du jour au lendemain, de financer les CRIJ. Oui en ce moment, nous avons une petite dent en contre l’Etat aujourd’hui qui est aux abonnés absents de nos partenaires, je pense qu’on y reviendra pendant toute cette assemblée. Mais cela nous fait défaut.
Cela nous fait défaut, sur l’ensemble de de nos budgets et de nos sujets et pour autant, nous continuons de garder le cap.
Sur la question des transitions qui a été aussi largement abordée ce matin en en discours préliminaire, il semblerait que tout le monde se réveille. Alors que nous, ici, en responsabilité, ça fait un petit bout de temps qu’on est réveillé voire qu’on agit. Parce que agir, ce n’est pas subir.
Que ça soit sur les lycées où il y a quand même 158 000 000 d’euros de restructuration et de réhabilitation, que ça soit sur 23 projets de solarisation, que ça soit sur 138 projets éco conditionnés 385 tonnes équivalent pétrole donc des énergies fossiles qui ont été substituées par nos énergies renouvelables, on peut dire qu’on agit.
Et on peut dire que grâce à nos budgets, on actionne les bons boutons.
En fait, quand on est de gauche et écologiste, c’est qu’a priori on veut agir quand on veut être élu, on veut changer le monde, contrairement à nos amis de droite et aux autres d’extrême droite qui sont des conservateurs et qui veulent que rien ne bouge et rien ne change. C’est qu’en gros, le but pour eux, c’est de ne pas prendre de décision.
Je pense qu’il doit être assez confortable d’être aujourd’hui dans le cerveau de quelqu’un dans le déni climatique et de droite, par une baguette magique en mettant en place de la climatisation et surtout ne rien changer d’autre parce qu’on est conservateur donc on ne change pas.
Je pense que la petite logique de « le politique ne peut pas tout faire », clairement nous démontre aujourd’hui que c’est absolument faux et que notre action en faveur des transitions permet au contraire de répondre à des grands enjeux.
Quand il y en a qui disent qu’ils sont tous écologistes mais que le but c’est de ne rien faire et de ne pas prendre de décision moi ça me fait un tout petit peu rigoler, pour ne pas dire que ça me fait pleurer sur l’état de notre monde.
J’étais lundi en en mairie de Plainoiseau où Eddy Lacroix, le maire, m’accueillait avec grande fierté dans une mairie un petit peu surchauffée malheureusement, pour me parler d’un double projet qu’il mettait en place avec la communauté de communes Bresse Haute Seille et avec la région. Ce qu’il faisait, c’était remettre en travaux sa médiathèque mais pour un bâtiment capable de supporter le changement climatique et de faire en sorte, grâce au financement de l’Etat, grâce à un cahier des charges exigeant et grâce au programme Territoire en actions, d’avoir un équipement de proximité de la culture en ruralité qui permet d’accueillir tout le monde. Et ce projet-là, il le fait en toute cohérence avec derrière un jardin de la biodiversité financé sur un autre dispositif le dispositif ENVI qui permet d’accueillir tout le monde pour des salles de lecture, à l’extérieur, sous les arbres.
Quand je vois des maires comme ça, qui sont fiers de leur territoire, qui sont fiers de leur action et qui nous remercient de ce travail partenarial, oui, moi ça me rend fière du travail de la région
Sarah PERSIL,
vice-présidente aux jeunesses, à la vie associative, la citoyenneté et la démocratie participative
6 juillet 2026
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