Cher Président, cher·e·s collègues,
Les bras m’en tombent, qui gouverne ce pays depuis 10 ans, après la signature de l’accord de Paris ? Les macronistes et la droite ! Qui flingue méthodiquement le Pacte Vert Européen ? La droite et l’extrême droite.
Difficile de commencer cette assemblée sans citer Edgar Morin récemment disparu et dont les enseignements marquent notre époque.
« A force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel » disait-il ! Ces mots résonnent dans l’ivresse d’une période sous l’emprise des atteintes à nos libertés, à notre dignité et à nos conditions de vie qui sont notre maison commune.
Ainsi des drames bouleversent la population : Voyez le terrible infanticide de Lyanna. Il illustre la défausse et l’irresponsabilité des dirigeants : prendre les juges comme boucs émissaires, prôner le tout répression comme réponse aux crimes, au lieu de mettre l’accent sur l’écoute et la protection des victimes, enfants et femmes.
Les écologistes saluent la mobilisation des associations enfantistes et féministes. Nous verrons si l’annonce d’une loi intégrale de protection sera à la hauteur de cet enjeu de civilisation.
Quand dans ce pays allons-nous mettre nos priorités sur l’essentiel ?
Climat, 50 ans de déni ! Bienvenue dans le nouveau régime climatique, celui des fournaises à rallonge de plus en plus précoces. Une norme que l’on vit dans nos chairs, pas dans nos têtes comme on se l’entend dire !
Les corps des travailleurs sont éprouvés, le système de santé est saturé, les cours sont annulés, les chantiers repoussés, les trains supprimés, des routes sont fermées à la circulation, les sols, la végétation sont asséchés.
Chacun est renvoyé à sa débrouille, à son ventilateur, ses volets, sa douche, et faute de mesures préventives d’atténuation, les préfets en sont réduits une nouvelle fois aux énièmes dispositifs d’urgence.
L’accent mis par certains sur le tout climatiseurs ne sert qu’à à détourner l’attention. Evidemment que les services publics doivent être équipés. Mais que dire aux couvreurs, aux ouvriers agricoles et du BTP, vous prendrez bien un petit éventail ? En plus dans des logements non isolés, la clim fait exploser les factures d’électricité. On est plus à une escroquerie sociale près avec le RN !
Ainsi la multiplication des canicules n’est plus une affaire privée, elle est profondément politique.
L’accès à la fraicheur est un véritable droit, un enjeu de solidarité nationale auquel nous nous attelons depuis longtemps : le Rapport Développement Durable nous le rappellera notamment quand il s’agit de restaurer des cours d’eau voués à la destruction, d’isoler les logements et les bâtiments publics.
Nos infrastructures ne correspondent plus au monde d’aujourd’hui, d’ailleurs les réseaux électriques craquent. L’emballement climatique contraint notre quotidien, nous sommes dans une course contre la montre.
Nous avons un devoir d’honnêteté et il serait de bon ton que chacun balaie devant sa porte quand :
L’action climatique est la mère de toute les batailles, y compris celle de la stabilité de l’économie et des emplois. D’où notre choix, malgré le retrait de l’Etat, de conserver les formations dans l’isolation des logements pour que plus personne ne vive dans des bouilloires thermiques.
Elle est aussi la condition de notre capacité à faire face aux menaces des impérialismes fossiles.
Renforcer notre capacité de défense est certes aujourd’hui un acte de lucidité. Cela sera cependant bien insuffisant, si nous trainons par ailleurs à organiser notre souveraineté énergétique et alimentaire garantes de notre confort de vie, de factures en baisse et d’emplois prospères.
Les menaces qui pèsent sur la paix doivent en aucun cas empêcher l’émergence de nouveaux droits, de nouvelles protections sociales vers l’émancipation et l’autonomie des personnes.
Je prendrai deux exemples dans le quotidien de nos concitoyens et je les engloberais sous le terme d’habitabilité.
Premièrement le droit à une alimentation de qualité
Le souvenir des étudiants qui, pendant la pandémie Covid 19, faisaient la queue devant les banques alimentaires n’est pas si loin.
Nous avons fait du chemin, Président, depuis votre déclaration, qui a officialisé la création d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation à l’échelle régionale.
Nous voterons aujourd’hui une résolution instaurant une Fédération régionale de la SSA pour encourager chaque Bourguignon-Franc-Comtois à choisir le contenu de leur assiette quel qu’en soit son revenu et qu’à l’autre bout de la chaîne les paysans vivent de leur travail.
Ce projet est fédérateur car il est le fruit d’un travail de proximité et de dialogue.
Second domaine le droit à la mobilité
Il se repense et se réinvente pour que les déplacements deviennent une facilité du quotidien.
Les comités de dessertes, où chaque usager sera écouté et entendu, étaient attendus.
Globalement notre politique mobilité est satisfaisante. Mais, il y a encore des points noirs dans le Sud Saône-et-Loire, le Morvan, Nord Yonne et en zone transfrontalière, vous l’avez évoqué Président. Ces comités devront alors s’emparer aussi bien de la question du service rendu, trains comme cars, que du sujet des infrastructures ferroviaires dont nous n’avons à ce jour pas de visibilité sur l’avenir immédiat.
Pour conclure : la crise écologique que nous vivons de plus en plus durement, portent atteinte aux conditions mêmes d’une existence digne, à notre liberté et à notre sécurité.
Notre capacité à préserver une planète habitable, face aux logiques fossiles et guerrières, est un droit aux cotés de la liberté, de l’égalité et de la dignité. Ils sont la base du contrat social qu’ici même, jour après jour, nous nous efforçons de conquérir pour notre région.
Claire MALLARD,
Présidente du groupe Écologistes & Solidaires
Majorité régionale
6 juillet 2026
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