Discours de politique générale – Plénière février 2025

Intervention en plénière

Seul le prononcé fait foi

 Madame la Présidente, cher-es collègues,

 

En décembre dernier, le cyclone Chido a frappé Mayotte avec une ampleur sans précédent.

En janvier, un mégafeu a ravagé Los Angeles.

Cet hiver en France, nombre de Françaises et de Français ont eu les pieds dans l’eau.

Il n’y a plus d’orages mais des tempêtes, plus d’épisodes pluvieux mais des inondations, les incendies succèdent aux vagues de chaleur, les sinistres aux catastrophes.

 

Que dire alors aux chef-fe-s d’entreprises et aux salarié-e-s qui perdent leur outil de travail ? Aux déplacé-e-s climatiques contraint-e-s d’abandonner leur maison et leurs souvenirs ? Circulez, il n’y a rien à voir ?

Non car la Nature ne se déchaine pas. C’est l’action humaine qui réchauffe le climat et broie les plus faibles. Nous devons désormais réparer et protéger ; arrêter de le nier ou de le relativiser.

L’indifférence climatique qui règne me pousse à l’analogie historique entre la chute de Rome et notre époque. Me vient à l’esprit l’image d’un poète qui, lors d’une visite de l’empereur, faisait un éloge extraordinaire de l’empire romain. Quelques années après, Alaric et ses troupes saccageaient Rome.

Nous sommes aujourd’hui dans la même arrogance. Le temps où Emmanuel Macron lançait un appel vibrant aux scientifiques américains pour qu’ils viennent faire leur recherche en France est révolu.

Que s’est-il donc passé en 8 ans pour que le trumpisme ait à ce point contaminé nos débats et nos politiques publiques, que nos chercheurs de renommée mondiale se sentent méprisés ? Que s’est-il passé pour que le Premier ministre agresse verbalement les agents de l’OFB, que l’idée de supprimer l’ADEME, l’Agence bio ait germé dans l’esprit farfelu de certains parlementaires prêts à s’assoir sur le consensus scientifique pour remettre au goût du jour les néonicotinoïdes qui ont détruit 25% des pollinisateurs depuis leur mise sur le marché ?

 

Les propos violents et les vérités alternatives détruisent la démocratie et construisent le chaos de demain. Ne soyons pas dupes : le budget de l’État 2025, qui sacrifie l’écologie, remet en cause la science et le fondement rationnel de nos politiques publiques, et conduit la France à sortir de l’Accord de Paris par la petite porte.

La toile de fond est celle-ci : se contenter de déclarations sans lendemain, reprendre les termes et les lubies complotistes de l’extrême droite, saigner les services publics de proximité et appauvrir les collectivités ; tout cela est d’une indignité sans nom.

 

Aujourd’hui, nos orientations budgétaires sont victimes d’une cure d’austérité imposée par l’État. Bien que notre capacité d’investissement soit fragilisée, notre groupe refuse d’attendre qu’il soit trop tard pour agir.

Le débat budgétaire sera l’occasion de mettre en valeur notre ambition : maintenir l’accès aux nouveaux services publics liés à la transition écologique cela grâce à une gestion budgétaire maitrisée depuis plusieurs années.

La planification écologique de la Bourgogne-Franche-Comté, à travers ses 44 actions ainsi que le maintien du service public de la transition énergétique, prend en considération les attentes des citoyens, démunis face au changement à opérer dans leur vie quotidienne : mieux se nourrir, mieux se déplacer, mieux se loger et travailler. Si je suis confiante sur l’exécution budgétaire de notre collectivité, j’ai plus d’incertitudes quant aux capacités de l’État à financer cette COP régionale ! Pourtant je le souhaite sincèrement car les collectivités locales et leurs services attendent des engagements.

 

Une des mutations majeures à opérer pour faciliter la vie des gens : les transports. La défense bien sûr des lignes ferroviaires de proximité en ruralité désormais nommées « Lignes A Défendre ».

Notre position est constante depuis juin 2023. Les écologistes étaient bien seuls, dans cette Assemblée, à alerter sur le risque de fermetures et à exprimer leur opposition. Je vois que la ténacité des écologistes, mais aussi de nos collègues communistes, entraîne fraichement l’adhésion des autres groupes politiques à cette juste cause. Vous avez raison, continuez ainsi car c’est vrai nous portons de nobles combats !

 

Quoiqu’il en soit, nous ne participerons pas, d’une manière ou d’une autre, à la liquidation de ce service public et refusons que l’État fasse porter la responsabilité de l’abandon des lignes sur la Région alors que le réseau ferré lui appartient. La volonté de l’État de préserver la cohésion nationale et l’égalité d’accès au service public est aujourd’hui mise à l’épreuve !

Avec ce débat ferroviaire c’est plus largement l’enjeu global du financement d’une offre de transport public fiable et accessible qui se joue. Ce n’est pas rien en Bourgogne-Franche-Comté, Région la plus touchée par la précarité énergétique liée aux transports.

Si nous prenons au sérieux le risque de chaos climatique, et ses conséquences sociales, il en est de même de la crise démocratique.

 

Notre majorité est partie du constat que 8 français sur 10 réclament plus de de participation à la vie démocratique. Nous avons alors fait le choix de mettre des bourguignons francs-comtois, éloignés de la politique, dans un processus de décisions qui aboutit aujourd’hui à une délibération de l’Assemblée régionale.

Les 10 mesures et 35 actions de la Convention Citoyenne Régionale pour le Climat et la Biodiversité donneront lieu à des solutions concrètes pour les 3 prochaines années. Nous veillerons bien sûr à leur application. Nous pouvons être fiers d’être la première Région à avoir accordé toute notre confiance aux citoyens sur un sujet très large, pour construire, à nos côtés, une Région qui soit encore habitable et désirable.

Je salue d’ailleurs la présence de certains d’entre eux parmi nous ce matin et les remercie chaleureusement pour leur implication.

Leur travail minutieux et complexe, à rebours de la primitive immédiateté des réseaux sociaux, est une belle leçon d’humilité et de pragmatisme pour tous les responsables politiques.

Face à la réalité d’un climat qui s’emballe et d’une biodiversité qui s’effondre, les membres de la CCRCB, au contact de scientifiques, du monde économique et de notre administration ont dressé un chemin vers une Bourgogne-Franche-Comté inclusive, plus juste et pleinement responsable vis-à-vis de la planète et des générations à venir.

Alors, Chers membre de la Convention, merci encore du cap que vous avez contribué à donner à cette Assemblée régionale.

 

Je vous remercie

 

Claire MALLARD,
Présidente du groupe Écologistes & Solidaires

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