
Madame la Présidente,
Monsieur l’Ambassadeur,
Messieurs les Vice-Présidents,
Madame et Messieurs les maires,
Lors de notre dernière Assemblée plénière, à propos de conventions signées avec le ministère de la Défense, j’ai présenté au nom de notre groupe quelques éléments d’analyses sur la situation de conflits armés dans laquelle nous sommes. Parmi les zones de guerre figure en premier lieu, chronologiquement si l’on peut dire, votre pays.
D’autres que moi se souviennent que nous avions reçu M. l’Ambassadeur, dans le cadre du Congrès des régions de France, à Vichy, à l’automne 2022. Nos applaudissements d’alors accompagnaient l’espoir d’un règlement rapide de ce conflit et témoignaient de notre soutien sans faille.
D’une certaine manière, parce que la préparation de la paix fait partie de l’arsenal des mesures de soutien à un pays en guerre, préparer le cadre de nos relations futures c’est aussi indiquer le camp dans lequel nous nous situons.
C’est pourquoi notre groupe salue dans ce protocole son cadre résolument européen. Il s’inscrit ainsi, et nous nous en félicitons, dans des perspectives que nous espérons le plus rapprochées possibles d’une appartenance formelle de votre pays à l’Union Européenne elle-même.
Il faut, à cet instant, dénoncer le double langage du Rassemblement National : les masques tombent ! Comment peuvent-ils à la fois affirmer leur soutien à votre cause, et dire qu’ils s’opposeront à l’adoption de ce protocole.
La raison en est simple : c’est parce que les démarches entreprises sous l’autorité de notre présidente par le Vice-Président Molinoz sont marquées par ce label européen. Je ne peux manquer d’évoquer ici l’ancien président Edgar Faure, qui parlait d’une Europe des Régions. Il indiquait par-là que parmi les voies qui permettraient de dépasser les nations, car c’est bien là le défi, figurait la reconnaissance d’échelles territoriales de mise en œuvre concrète d’actions de coopération, les Régions bien sûr, mais, et nous en avant la preuve ici, des collectivités urbaines. Ailleurs, des départements, d’autres collectivités encore, s’associent à de telles démarches ; nous formulons le vœu que ce protocole puisse accueillir, à l’avenir d’autres collectivités de notre Grande Région.
Ces démarches ont pour ainsi dire trouvé leur pleine mesure dans ce qui, depuis plus de trente ans, est bien vite devenu la « coopération décentralisée ». Terme approprié qui indique bien les contenus de cette forme particulière de subsidiarité. Pourquoi, en effet, ne pas mobiliser des acteurs de terrain, pour créer, au coup par coup, et à l’échelle qui convient, des actions de développement, d’échange et de coopération adaptées à la situation ?
Et ainsi sortir des conventions parfois un peu lourdes des échanges protocolaires.
Au regard de l’expérience qui fut la mienne, mais dont Liliane Lucchesi et d’autres pourraient témoigner tout autant, je voudrais rapidement rendre compte des vertus mais aussi des précautions à prendre dans le cadre d’une telle mise en œuvre.
Dans le début des années 90, au siècle dernier donc, nous furent nombreux à rejoindre les bataillons de celles et ceux qui participèrent à des actions de coopérations dans les ex-pays de l’Est. Je ne fais pas ce rapprochement au hasard : comment ne pas voir que la situation que vous vivez est l’exact symétrique, sinon la conséquence, de ce que la déconstruction de l’Union Soviétique a provoqué pour les états concernés. Je voudrais, à travers l’expérience Roumaine à laquelle j’ai participé, portée par les villes de Dijon et Besançon entre autres, et en évitant tout anachronisme, souligner quelques précautions majeures :
Voilà quelques questionnements et recommandations qui ne sont dues qu’à la volonté sincère de notre groupe de contribuer à la réussite de ce protocole que nous saluons.
4 juillet 2025
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