
Madame la Présidente, Chères et chers Collègues,
Depuis 6 mois, l’arrogance et le déni rythment la vie politique. Pendant ce temps, plus de 300 plans sociaux sont cours et malgré la trajectoire d’une France à +4 degrés, la question de savoir ce qu’on protège et ce qu’on abandonne, est mise de côté.
Nous n’aborderons pas, aujourd’hui, les orientations budgétaires 2025. Sans surprise, le gouvernement Barnier n’a pas tenu tant il était à l’opposé de l’expression des françaises et des français, qui attendaient, non pas une continuité du macronisme en pire, mais un changement de cap vers plus de justice sociale et environnementale.
Snober les gauches et les écologistes pendant les débats budgétaires, mettre l’extrême droite en arbitre, lui faire des concessions et finir par se faire humilier, les conditions d’un échec annoncé étaient réunies.
Les écologistes n’allaient surement pas laisser le gouvernement mettre une pression maximale sur celles et ceux qui n’arrivent pas à boucler leur budget et opérer une saignée des services publics, notamment de l’environnement et de l’éducation.
De plus, la cure d’austérité imposée aux collectivités locales pour combler un déficit abyssal exclusivement dû à un manque de recettes fiscales, était juste un affront.
D’ailleurs, je ne vois pas bien au nom de quel principe les collectivités locales devraient être solidaires des errances budgétaires macronistes alors qu’elles n’en sont pas responsables.
C’est au contraire un choix politique :
La seule voie possible est de sortir de l’obstination macroniste :
Tout autre chemin nourrira l’arnaque sociale de l’extrême droite qui n’attend qu’une chose : que les gens dévissent socialement pour surfer sur leur colère.
J’entends aussi votre prudence, Madame la Présidente, sur l’avenir budgétaire. Nous n’échapperons peut-être pas aux contraintes si le macronisme, pourtant affaibli, s’obstine dans le déni.
Dans ces conditions, la seule méthode lucide consistera pour notre groupe à abandonner les dépenses nuisibles au climat pour maintenir nos capacités d’investissements dans les services publics liés à la transition écologique et les emplois d’avenir. C’est pourquoi, nous restons fermement mobilisés pour que la transition écologique soit sanctuarisée au même titre que la culture.
Si chaque dixième de degré supplémentaire rend l’adaptation plus complexe et plus coûteuse, chaque ajustement sur l’urgence écologique nourrira le ressentiment social dans des pans entiers de l’économie qui, par manque d’anticipation, connaitront des points de rupture ! C’est le cas d’ailleurs.
Il est temps d’agir à tous les niveaux car le marasme social dévaste la cohésion nationale. Il est de bon ton aujourd’hui d’attaquer injustement les agents des services publics de l’environnement, l’OFB, l’INRAE, les agences de l’eau ; de les cibler comme responsables de la détresse agricole.
Si la colère est légitime, la montée en tension, les dérives vers la violence, sont par contre inacceptables. On ne peut reprocher à des agents d’exercer leur mission d’intérêt général surtout quand on sait qu’ils agissent de manière préventive avant tout. Évidemment, nous sommes à leurs côtés.
Cette stratégie de la diversion qui consiste à se défausser et à reporter la responsabilité de la détresse des paysans sur des tiers, les scientifiques, les environnementalistes, l’agence sanitaire plutôt que de garantir des revenus aux paysannes et paysans, est inquiétante.
Dans une démocratie pluraliste, nous ne pouvons pas accepter les intimidations, les démonstrations de force, les dégradations ruineuses des biens publics d’autant moins quand il s’agit de dénoncer les traités de libre-échange, et que les locaux visés, à l’exemple du Conseil régional et des permanences de député-es, sont ceux d’élu-es qui ont toujours dénoncé et voté contre ces traités. Tout cela n’a plus de sens.
Il serait temps aussi que les seuls responsables de l’agonie agricole, les droites libérales, qui ont mis en œuvre la dérégulation des agricultures, leur mise en concurrence et ont voté tous les traités de libre-échange, assument plutôt que de se défausser et de raconter n’importe quoi, surtout avec un RN en embuscade prêt à récupérer et à colporter n’importe quelle fakenews du moment que la société se crispe. Monsieur, quelles sont vos tiédeurs, sur le Mercosur il n’y a pas de débat européen à avoir, la seule attitude pour les députés est de voter contre au Parlement !
A force de diversion, notre société tend carrément vers le 2 poids, 2 mesures. Quand des paysans manifestent pacifiquement, à coups de banderoles, face aux multinationales de l’agrobusiness pour défendre le revenu des paysans, la santé, la planète, les syndicalistes finissent en garde à vue.
Autre exemple de cette diversion, notre assemblée régionale. Les problèmes d’instruction purement administratifs des fonds FEADER seraient le fait des écologistes. Rien à voir évidemment, outre le fait qu’un problème de forme est instrumentalisé en problème de fond. La ficelle est tellement grosse qu’elle devient grossière.
Madame la Présidente, à ce titre, je souligne que vous tenez vos engagements. Vous nous présentez aujourd’hui un plan de sortie de crise du FEADER de + de 7 millions sur fonds régionaux pour accélérer l’instruction des dossiers. Cet acte aurait mérité autre chose qu’un épandage de lisier et des feux de pneus devant le Conseil régional !
Sortons enfin de la polarisation des débats et entretenons un dialogue collectif et constructif pour relever les défis qui s’imposent à nous, en commençant déjà par un enseignement : même si le service public de l’environnement et les écologistes disparaissaient, il n’y aura pas de miracle dans un monde au climat détraqué, où les insectes pollinisateurs ont été décimés, où les sols lessivés et contaminés ont perdu leur fertilité, où les maladies, dopées par la perte de diversité génétique dans les élevages, sont vouées à se répéter.
Face aux dégâts humains et financiers, la mise en discussion des catastrophes climatiques et les dégâts sociaux qui y sont associés, deviennent des urgences démocratiques et forment la seule trajectoire pour créer de la confiance en l’avenir.
Je vous remercie
Claire MALLARD
Conseillère régionale, présidente du groupe Écologistes & Solidaires
17 décembre 2024
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